Portrait de créatrice

Virginie donne un second souffle aux meubles anciens

Virginie revalorise des meubles anciens destinés à la déchetterie. Tout son processus de revalorisation s’inscrit dans une démarche écoresponsable. Découvrez son portrait !

Portrait de créatrice

Quel est votre parcours ? Quand avez-vous créé “Un meuble, un prénom” ?

Enfant, j’accompagnais ma mère et ma grand-mère dans les brocantes. Elles chinaient puis on rénovait ensemble… Peintre-décorateur scénographe de formation, je souhaitais fabriquer des décors de théâtre mais l’amour du mobilier et son histoire ne m’ont jamais quittée.

Pendant mes études, j’ai réalisé un stage chez un ébéniste à Bordeaux. Mon diplôme en poche, je projetais d’ouvrir un atelier de meubles peints. Cependant, j’ai dû privilégier une certaine sécurité et mon parcours professionnel m’en a un peu éloigné. J’ai quitté la Gironde et j’y suis revenue il y a 4 ans. J’ai profité de ce retour pour faire une reconversion professionnelle et suivre une formation sur la création d’entreprise. J’ai été accompagnée 1 an et demi. “Un meuble, un Prénom” a vu le jour début janvier 2022.

Quelle est la petite histoire derrière votre marque ? Qu’est-ce qui vous a motivée à vous lancer ?

À notre retour du sud de la France, nous voulions une grande maison familiale et être au calme à la campagne. Nous pensions alors ouvrir des gîtes mais ce projet a été très vite écarté suite à l’augmentation du prix de l’immobilier pendant la période du Covid. Nous avons alors trouvé notre bonheur à Puynormand. Une maison girondine avec une magnifique grange de 200 m². L’idée de créer un atelier de rénovation de meubles a alors refait surface.
Grâce à mon diplôme, dès 2022, j’ai été certifiée Artisan en Métier d’Art par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Nouvelle Aquitaine. De plus, j’ai aussi le label Répar’Acteurs depuis septembre 2024.

Quelles techniques utilisez-vous pour revaloriser les meubles ? Quel est votre processus de création ?

Habitant à la campagne et en pleine nature, mon projet s’est tout naturellement orienté vers des produits français respectueux de l’environnement. De plus, étant asthmatique, je souhaitais absolument travailler avec des peintures sans odeur et revaloriser les meubles avec des produits le plus sain possible. J’applique donc des peintures biosourcées locales et pour décaper j’utilise la technique douce de l’aérogommage. Je manie différents abrasifs comme le garnet qui est projeté à l’aide d’air comprimé à basse pression en vue du décapage ou d’un nettoyage de surface. C’est un minéral naturel qui ne pollue ni le lieu de travail ni l’environnement. Je travaille aussi avec le bicarbonate de soude, la bille de verre et la coquille de noix.

À l’atelier, j’ai également adapté ma manière de travailler. Je récupère du bois ancien et, dès que je le peux, de la quincaillerie afin de pouvoir faire des réparations ou des remplacements nécessaires. Bien entendu, je recycle et je trie tous mes déchets, bien que j’essaye d’en avoir le moins possible. Et surtout, je lave mes pinceaux dans un seau écologique, ce qui me permet de les rincer avec le moins d’eau possible.

Qu’est-ce qui vous motive dans la revalorisation de meubles ?

Nous avons la chance d’avoir un savoir-faire français et un patrimoine mobilier très riche. Et lors de mes études, en plus de l’Histoire de l’Art, j’ai pu découvrir l’Histoire des Styles. Cela m’a vraiment passionnée. Ayant récupéré, chiné puis relooké des meubles à titre personnel et ayant conscience des monticules de meubles jetés, j’ai alors décidé de leur donner une nouvelle vie avec le plus de respect et de bienveillance possible. Je voulais mettre en lumière le travail de nos anciens et le charme du bois tout en prenant soin de la nature.

De plus, chaque meuble est porteur d’histoires ou de souvenirs, de moments passés en famille. J’en suis très sensible aussi.

Quelle est ou quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je m’inspire beaucoup de la nature environnante. Une couleur de lichen, le rose printanier ou la gelée matinale m’émerveille toujours ! Mais j’essaye aussi de suivre les tendances de décoration bien sûr. Les rayures notamment !

Pourquoi cet engagement écoresponsable est important pour vous ?

Cet engagement écoresponsable est nécessaire déjà pour préserver ma santé, parce que j’utilise ces produits et ces peintures tous les jours. Il est également essentiel pour notre environnement : mon activité voit renaître des meubles magnifiques qui portent en eux les souvenirs de moments partagés au lieu de les retrouver dans une déchetterie.

Un fun fact sur vous et/ou votre marque à dire ?

Chaque meuble est estampillé d’une étiquette dorée en Florapap. C’est une matière végane composée de papier recyclé et de latex qui est gravée de mon logo.

Autre chose à ajouter ?

Chaque meuble porte le prénom de l’ancien propriétaire ou de celui ou celle qui m’en a fait don. A travers chaque prénom, le meuble revalorisé transmet leurs histoires et ainsi la vie continue.

Je retrouve souvent des traces du passé dans les meubles, comme des épingles à couture, d’anciens livrets de messes avec des prénoms annotés, des vieux paquets vides de cigarette Gauloises à 3,50 F cachés derrière le fond du pot de chambre dans une table de chevet, des p’tits mots écrits au crayon à papier,…

Retrouvez tous les meubles et luminaires revalorisés par Virginie sur sa boutique LOKO LOKO !

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